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Mobilités du quotidien

RER métropolitains (SERM) : quelles villes, quels calendriers

Train régional entrant dans une gare de grande ville à l'heure de pointe, des voyageurs de dos attendent sur un quai très fréquenté

RER métropolitains (SERM) : la loi de 2023, les 29 territoires labellisés, ce qui roule déjà à Strasbourg et Bordeaux, et ce qui reste à l'étude ailleurs.

Inès Morel Mobilités du quotidien

· 6 min de lecture

Un train tous les quarts d'heure entre la grande ville et sa banlieue lointaine, de tôt le matin à tard le soir. C'est la promesse des RER métropolitains, que la loi appelle SERM, pour services express régionaux métropolitains.

En juillet 2026, le ministère des Transports compte 29 territoires engagés dans la démarche. Mais derrière ce chiffre, les situations n'ont rien à voir. Quelques réseaux roulent déjà, la plupart des autres en sont aux études. Voici où en est chaque ville.

Qu'est-ce qu'un SERM, ou RER métropolitain ?

Un SERM, c'est une offre de transport fréquente et simple autour d'une métropole. Il vise les habitants de la périphérie qui vont chaque jour en ville pour travailler, étudier ou faire leurs courses. La colonne vertébrale, c'est le train. Autour, on ajoute des cars express, des pistes cyclables et parfois du covoiturage.

L'idée n'est pas neuve. Le Conseil d'orientation des infrastructures parle de « RER métropolitains » dès 2018. La loi d'orientation des mobilités du 24 décembre 2019 la reprend. Le président de la République relance le sujet le 27 novembre 2022, et la loi sur les SERM est promulguée le 27 décembre 2023.

Le texte, inscrit à l'article L. 1215-6 du code des transports, ne parle pas que de rails. Il cite les cars à haut niveau de service, les réseaux cyclables, le covoiturage, l'autopartage et l'aménagement des gares. Les voies réservées au covoiturage font partie de cette boîte à outils.

Label, puis statut : comment un projet avance-t-il ?

Le ministère a fixé la méthode le 23 avril 2024. Un projet passe par plusieurs étapes, et chacune a son poids.

  1. Le dossier minute. La Région et la métropole décrivent leur ambition, le périmètre et les acteurs mobilisés.
  2. Le label. L'État reconnaît le projet et l'invite à poursuivre. Il n'y a pas encore de financement fixé.
  3. La synthèse du dossier. Les collectivités présentent les objectifs, la feuille de route, le plan de financement et la gouvernance.
  4. Le statut de SERM. Il est accordé par arrêté du ministre des Transports. C'est lui qui ouvre l'accompagnement renforcé de l'État.

À ne pas confondre

Labellisé ne veut pas dire financé. Le label dit qu'un territoire est engagé dans la démarche. Le statut, accordé par arrêté, vient après un dossier complet avec son plan de financement. Dans sa mise à jour de juillet 2026, la page du ministère parle encore de ce statut au futur.

Quelles villes ont un projet de RER métropolitain ?

Les labels sont tombés en deux vagues, à l'été 2024. Quinze projets le 27 juin, neuf le 4 juillet. D'autres ont suivi, et le ministère en compte 29 en juillet 2026.

VagueTerritoires labellisés
27 juin 2024Bordeaux, Chambéry, Clermont-Ferrand, Grenoble, Lille, Lyon, Montpellier, Mulhouse, Nantes, Rouen, Saint-Étienne, Strasbourg, Toulouse, Tours, Lorraine-Luxembourg
4 juillet 2024Avignon, Marseille, Nice, Orléans, Toulon, Basco-landais, Bretagne, Côte d'Opale, Franco-Suisse
DepuisCinq projets de plus, pour un total de 29 territoires

Les projets n'ont pas tous la même forme. La Bretagne a étendu le sien à toute la région. Montpellier, qui n'a qu'une grande ligne ferroviaire, mise surtout sur des lignes de cars et de bus rapides. Lille étudie des voies nouvelles entre la métropole et Hénin-Beaumont, un chantier chiffré en milliards.

Où le RER métropolitain roule-t-il déjà ?

Le ministère cite deux territoires « particulièrement avancés » : Strasbourg et Bordeaux. Ce sont aussi les seuls où l'on voit déjà la différence sur le quai.

Strasbourg, le REME

Le Réseau express métropolitain européen a démarré le 11 décembre 2022. Une quatrième voie au nord de Strasbourg a libéré de la place pour plus de trains. L'objectif initial était de 800 trains de plus par semaine. Sur les lignes vers Haguenau, Molsheim et Sélestat, un train passe toutes les 15 minutes en heure de pointe et toutes les 30 minutes en heure creuse.

Bordeaux, le RER M

À Bordeaux, la première étape a été de faire traverser les trains. La ligne 41 relie Arcachon à Libourne sans changement à Bordeaux Saint-Jean. Le train marque l'arrêt quelques minutes, mais vous restez à bord. Le ministère décrit un train par heure et par sens de 6 h à 22 h 30, et un toutes les demi-heures en pointe.

Deux haltes ont ouvert dans l'agglomération : Le Bouscat-Sainte-Germaine et Talence-Médoquine. La prochaine traversée, entre Langon et Saint-Mariens-Saint-Yzan, est prévue pour 2028. Le RER M s'appuie aussi sur des lignes de cars express, comme Lesparre - Bordeaux.

À la frontière suisse

Le Léman Express relie Genève à la Haute-Savoie depuis 2019. Il a été pensé avant la loi sur les SERM, mais il en a déjà la forme : des trains fréquents qui traversent l'agglomération de part en part.

Combien coûte un RER métropolitain et qui paie ?

29territoires labellisés en juillet 2026
900 M€mobilisés par l'État, plan de relance et contrats État-Régions
10 Md€et plus pour les premiers SERM, selon le ministère
2022démarrage du REME à Strasbourg

L'État a mis environ 900 millions d'euros sur la table, par le plan de relance et le volet mobilités des contrats de plan État-Régions 2023-2027. C'est peu face aux besoins : le ministère estime que les premiers SERM mobiliseront plus de 10 milliards d'euros.

La loi prévoit donc d'autres sources. Une fiscalité locale dédiée peut être votée en loi de finances, comme pour le Grand Paris Express. La Société des grands projets, qui construit le métro du Grand Paris, peut emprunter sur 50 ans et plus. Elle peut aussi être maître d'ouvrage de nouvelles infrastructures si les collectivités le demandent.

Il faut compter aussi le prix des trains en plus et le coût d'exploitation. Ces dépenses-là restent à la charge des Régions et des métropoles.

Quels calendriers pour Lyon, Marseille et les autres ?

Pour Lyon, Marseille, Toulouse, Grenoble ou Montpellier, la réponse honnête tient en une phrase : les projets sont labellisés, pas encore construits. Les études avancent, les financements se discutent, et la plupart des dates qui circulent visent l'horizon 2030 ou au-delà.

  • Décidé et en service : le REME à Strasbourg, la ligne traversante Arcachon - Libourne à Bordeaux, le Léman Express.
  • Programmé : la traversée Langon - Saint-Mariens-Saint-Yzan à Bordeaux, annoncée pour 2028.
  • Labellisé, en préparation : Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Grenoble, Montpellier, Nantes et les autres territoires de la liste.

En attendant les trains, beaucoup de territoires commencent par la route. Le ministère présente les cars express comme une « première brique » des SERM, rapide à lancer et peu coûteuse en travaux. On en parle dans notre sujet sur les lignes de cars express.

Ces projets vivent aussi au rythme des appels d'offres régionaux. Dans le Sud, l'arrivée de nouveaux exploitants change déjà l'offre, comme on l'a raconté dans notre article sur l'ouverture des TER à la concurrence. La liste à jour des projets est sur la page SERM du ministère des Transports.

Questions fréquentes

Quelle différence entre un SERM et un RER métropolitain ?

Aucune sur le fond. SERM est le nom inscrit dans la loi du 27 décembre 2023. RER métropolitain est l'expression courante, utilisée depuis le rapport du Conseil d'orientation des infrastructures de 2018.

Combien de villes ont un projet de SERM ?

Le ministère compte 29 territoires labellisés en juillet 2026. Les 24 premiers l'ont été en juin et juillet 2024, dont Lyon, Marseille, Bordeaux, Strasbourg, Lille, Toulouse et Montpellier.

Où peut-on déjà prendre un RER métropolitain en province ?

À Strasbourg avec le REME, lancé le 11 décembre 2022, et à Bordeaux avec la ligne traversante Arcachon - Libourne. Le Léman Express relie aussi Genève à la Haute-Savoie depuis 2019.

Un SERM, c'est seulement du train ?

Non. La loi y intègre les cars express, les réseaux cyclables, le covoiturage, l'autopartage et l'aménagement des gares. Le train reste la colonne vertébrale, mais les cars sont souvent la première étape.

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