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Grands projets de transport

Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan : calendrier, tracé et gares du projet

Plaine viticole de l'Hérault près de Béziers, avec une voie ferrée au premier plan et des collines au loin

Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan : entreprises consultées pour Montpellier-Béziers, travaux en 2029, ouverture en 2034. Et la suite vers Perpignan ?

Lucie Ferrand Rail et grands projets

· 5 min de lecture

Entre Montpellier et Perpignan, tous les trains roulent aujourd'hui sur une seule ligne, coincée entre les étangs et la mer. TGV, TER, Intercités et trains de marchandises s'y partagent la place. La ligne nouvelle Montpellier-Perpignan, la LNMP, doit lever ce verrou. Le projet est ancien : son premier débat public date de 2009. En 2026, il passe enfin une étape concrète, au moins pour sa première moitié.

Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan : de quoi parle-t-on ?

Le projet complet, c'est environ 150 km de ligne nouvelle entre Montpellier et Toulouges, près de Perpignan, plus une trentaine de kilomètres de raccordements au réseau existant. Il prolonge le contournement de Nîmes et Montpellier, ouvert fin 2017, et complète la continuité à grande vitesse vers l'Espagne.

Il se fait en deux phases. La première relie Montpellier à Béziers. La seconde, de Béziers à Perpignan, en est encore au stade des choix. Les deux n'avancent pas du tout au même rythme, et c'est la clé pour lire le dossier.

Phase 1 : Montpellier-Béziers

52,3 km de ligne nouvelle et 7 km de raccordements. Ligne mixte voyageurs et fret. Pas de gare nouvelle. Déclarée d'utilité publique en février 2023.

Décidée, travaux en 2029

Phase 2 : Béziers-Perpignan

Environ 100 km restants. Tracé, gares et accueil du fret en discussion. Concertation publique menée au printemps 2026.

À l'étude, horizon 2040 évoqué

Quel calendrier pour le tronçon Montpellier-Béziers ?

La phase 1 a franchi les étapes administratives. Le décret du 16 février 2023 l'a déclarée d'utilité publique, après une enquête publique tenue fin 2021 et début 2022. Le tracé s'étend sur 52,3 km, avec des raccordements à Lattes, à Villeneuve-lès-Béziers et sur le contournement de Nîmes et Montpellier.

  1. Juin 2026. SNCF Réseau publie l'appel à candidatures au Journal officiel, le 25 juin. Il cherche les groupements d'entreprises pour un marché de conception-réalisation : le même titulaire fait les études détaillées et les travaux.
  2. Automne 2026. Les candidatures sont reçues, puis l'appel d'offres est prévu en octobre. Le dialogue se mène avec quatre candidats au plus.
  3. 2029. Démarrage du chantier, si le calendrier tient. Les partenaires le répètent à chaque comité de pilotage depuis 2025.
  4. 2034. Mise en service visée entre Montpellier et Béziers.

Le gain annoncé est de 18 minutes entre Montpellier et Béziers. Selon le ministère, cela représente près de la moitié du gain total du projet. La ligne nouvelle accueillera aussi les trains de fret, qui quitteront en partie les zones habitées traversées par la ligne actuelle.

Combien coûte la LNMP et qui paie ?

Le site du projet donne un coût total de 6,12 milliards d'euros, aux conditions économiques de janvier 2020. La phase 1 en représente 2,04 milliards et la phase 2, 4,08 milliards. Ces montants ne tiennent pas compte de l'inflation récente. Au moment de saisir la Commission nationale du débat public, le maître d'ouvrage annonçait 3,2 milliards pour la phase 1 et 7,1 milliards pour l'ensemble.

1,634 Md€hors taxes : le marché de conception-réalisation de la phase 1
40 / 40 / 20en % : État, collectivités et Union européenne pour la phase 1
66,7 M€engagés par les collectivités jusqu'en 2028
18 mingagnées entre Montpellier et Béziers

Pour la phase 1, l'État paie 40 %, les collectivités 40 % et l'Union européenne 20 %. Les collectivités passent par une société de financement, la Société de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan (SLNMP), créée par ordonnance en 2022. Elle peut emprunter et collecte une taxe spéciale d'équipement. Une convention de 68,6 millions d'euros doit financer en 2026 les études qui précèdent le marché. Bruxelles a déjà apporté 22,5 millions d'euros en juillet 2024 pour les études des deux phases.

Béziers-Perpignan : tracé, gares et fret encore en discussion

La seconde phase est moins avancée. Une concertation préalable s'est tenue du 9 avril au 19 juin 2026, sous l'égide de garants nommés par la CNDP. Plus de 2 000 personnes ont participé aux 13 réunions publiques et aux 10 rencontres de proximité. Le site en ligne a reçu plus de 1 300 avis, et 65 cahiers d'acteurs ont été déposés.

  • Le principe d'une ligne nouvelle : une large majorité le soutient, à condition qu'elle soit bien reliée à la ligne actuelle, qui sera maintenue.
  • Le fret : le projet initial réservait cette section aux voyageurs, sauf le contournement de Perpignan. La mixité avec les marchandises semble désormais faire consensus, sous réserve d'un passage en tunnel sous les Corbières.
  • Les gares : le projet de départ prévoyait deux gares nouvelles, Béziers Est et Narbonne Ouest. Leur nombre et leur emplacement ont été remis en discussion.
  • La suite : bilan des garants publié le 20 juillet 2026, réponse de SNCF Réseau le 22 septembre, avis de la CNDP sur cette réponse le 7 octobre.

Décidé ou étudié ?

Montpellier-Béziers est déclaré d'utilité publique, financé par un protocole signé et en cours d'attribution. Béziers-Perpignan reste un projet : le scénario, les gares et le calendrier attendent une décision des cofinanceurs, puis de l'État. Une concertation sur les tracés est prévue en 2027-2028.

Au début de l'été, la présidente de Région annonçait vouloir trancher la question des gares avec les collectivités avant la fin de 2026. Le calendrier officiel parle d'une décision sur les suites du projet à l'automne. La mise en service de la phase 2 n'a pas de date arrêtée. L'horizon 2040 revient dans les documents, sans engagement ferme.

Que va changer la ligne pour les voyageurs et pour le fret ?

Pour les voyageurs, l'enjeu dépasse Béziers et Narbonne. La LNMP comble le dernier trou de la grande vitesse entre la France et l'Espagne, entre le contournement de Nîmes et Montpellier et la ligne Perpignan-Figueras. La ligne actuelle, libérée d'une partie des TGV, doit aussi laisser plus de place aux TER du quotidien. Le préfet de région parle d'une saturation avérée de la ligne actuelle.

Pour les marchandises, l'axe est stratégique. Il relie l'Espagne au couloir rhodanien, où passe déjà une bonne part du fret ferroviaire de la vallée du Rhône. Le coordinateur européen du corridor Méditerranée a d'ailleurs réaffirmé son soutien au projet lors du comité de pilotage du 3 juillet 2026.

En attendant, les voyageurs de la région vivent déjà avec les gares nouvelles de Nîmes et de Montpellier, ouvertes sur le contournement. Les documents du projet et les comptes rendus de concertation sont sur le site officiel de la LNMP. L'historique des décisions se trouve sur la page de la CNDP consacrée au projet.

Questions fréquentes

Quand la ligne Montpellier-Béziers sera-t-elle ouverte ?

La mise en service est visée pour 2034, avec un début de chantier en 2029. L'appel d'offres des travaux était prévu en octobre 2026.

Y aura-t-il une gare nouvelle à Béziers ?

Pas dans la phase 1, qui n'en prévoit aucune. Une gare nouvelle à Béziers et une à Narbonne figuraient dans le projet initial de la phase 2. Leur nombre et leur place sont encore en discussion.

Combien coûte la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan ?

6,12 milliards d'euros aux conditions économiques de janvier 2020, dont 2,04 milliards pour Montpellier-Béziers. Le marché de travaux de la phase 1 est estimé à 1,634 milliard d'euros hors taxes.

Les trains de fret pourront-ils emprunter la ligne ?

Oui entre Montpellier et Béziers, où la ligne est mixte. Pour Béziers-Perpignan, la mixité est en discussion, avec un possible tunnel sous les Corbières.

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